L’intégralité du discours du président de l’Assemblée nationale, Monsieur Patrick ACHI, lors de la cérémonie Solennelle d’Ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026



DISCOURS PRONONCE
PAR MONSIEUR PATRICK ACHI PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE
NATIONALE Abidjan, le 19 janvier 2026

- Monsieur le Vice-Président de la République, représentant Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire,
 Madame la Présidente du Sénat,
 Monsieur le Haut Représentant du Président de la République,
 Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions de la République,
 Excellence Monsieur le Nonce Apostolique, Doyen du Corps diplomatique,
 Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques et consulaires,
 Honorables Députés, Chers collègues, - Vénérables Sénateurs,
 Messieurs les Officiers Généraux et Officiers Supérieurs,
 Vénérés Chefs traditionnels et Éminents Guides religieux, Mesdames et Messieurs,

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Après la séance inaugurale de la Troisième législature, tenue samedi dernier dans cet hémicycle, nous voici de nouveau réunis, conformément à notre Loi fondamentale, pour procéder à l’ouverture solennelle de la première Session ordinaire de l’année 2026. Cette cérémonie constitue un moment majeur de la vie démocratique de notre pays, en ce qu’elle consacre le véritable démarrage de nos travaux parlementaires pour la législature 2026 - 2030.
Il m’est particulièrement agréable de vous souhaiter, à toutes et à tous, la bienvenue dans cet hémicycle, maison commune de la démocratie ivoirienne, lieu du débat, de la délibération et de l’expression de la souveraineté populaire.
Je veux également adresser à chacune et à chacun d’entre vous mes vœux les plus sincères de santé, de paix et de réussite pour l’année 2026.

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Puisse cette nouvelle année, et la législature qui s’ouvre, être placée sous le signe de la responsabilité, de l’exemplarité et de l’exigence collective que nous devons au peuple ivoirien.
C’est ainsi, Honorables Députés, chers Collègues, que nous renforcerons ce vivre-ensemble républicain qui nous importe tant.

Au moment où je prends la parole pour l’ouverture de la première session de notre législature, je voudrais saluer la mémoire de tous les anciens Députés qui ont occupé un siège dans cette auguste Assemblée, depuis sa création, avec une pensée émue et toute particulière pour mon père, feu le Député ACHI Jérôme qui y siégea de 1959 à 1970.
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République,
Au nom de l’Assemblée nationale et en mon nom personnel, je vous remercie pour votre présence
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distinguée, qui réhausse la portée de notre rentrée parlementaire, en votre qualité de représentant de Son Excellence Monsieur le Président de la République.
Je vous prie de bien vouloir transmettre au Président de la République l’expression de notre plus profonde reconnaissance pour son attention constante à notre égard, et l’honneur qu’il nous fait en nous témoignant à nouveau sa confiance, ainsi que notre très haute considération pour son engagement inlassable au service de la Nation. Homme d’État d’exception, bâtisseur infatigable, l’œuvre du Président de la République, patiemment construite, parfois dans l’adversité la plus rude, a permis à notre pays de renouer avec la stabilité, la crédibilité internationale et l’espérance collective. Il a rendu possible ce que beaucoup jugeaient improbable : transformer l’épreuve en renaissance, l’incertitude en confiance, la fragilité en puissance maîtrisée. Que l’Histoire, juste et implacable, lui rende la place qui est déjà la sienne parmi les grands hommes d’État de notre Nation.
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J’associe à ces sentiments de gratitude, son épouse, Madame Dominique Ouattara, pour son soutien toujours bienveillant. Son engagement constant en faveur du progrès et du rayonnement de nos institutions, constitue une source permanente d’inspiration et d’encouragement.
Madame la Présidente du Sénat,
Au nom des Députés et en mon nom personnel, je vous remercie très sincèrement, ainsi que les membres du Bureau du Sénat.
Votre présence illustre avec éloquence la communauté de destin qui unit nos deux Chambres, faces complémentaires d’un même Parlement et ce, depuis l’avènement de la IIIème République de Côte d’Ivoire et sa modernité institutionnelle, souhaitée par Son Excellence Monsieur le Président de la République et approuvée par le peuple ivoirien.

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Je forme ainsi le vœu clair de perpétuer et de renforcer la parfaite synergie qui caractérise nos relations et nos Institutions, au service de la grandeur de notre nation.
Monsieur le Haut Représentant du Président de la République, je vous exprime également toute ma gratitude pour votre présence distinguée parmi nous ce matin.
Je voudrais également rendre un hommage appuyé à mon prédécesseur, le Président Adama BICTOGO. Je salue le travail législatif important accompli au cours de la précédente législature, sur lequel nous nous appuierons avec respect et responsabilité.
Je veux aussi honorer son action déterminée, qui a permis de réhausser le rayonnement de notre Institution, en particulier en matière de diplomatie parlementaire.

Excellence Monsieur le vice-Président de la République,

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L’honneur que j’ai eu de servir et d’apprendre, durant de si nombreuses années, aux côtés du Président de la République, SEM Alassane Ouattara, comme Ministre, puis comme Secrétaire général de la Présidence de la République et enfin comme Premier ministre, Chef du Gouvernement, m’engage aujourd’hui d’une façon toute particulière.

Son Excellence Monsieur le Président de la République m’offre l’opportunité unique de tirer parti de l’expérience acquise à ses côtés pour utiliser pleinement les instruments que nous confère l’Assemblée nationale, au service de la mise en œuvre effective de sa vision, approuvée avec ferveur par le peuple ivoirien lors des dernières élections : celle de bâtir une Grande Côte d’Ivoire, toujours plus stable, solidaire et ambitieuse !

Monsieur le vice-Président de la République, Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions,

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Chers collègues Députés, Mesdames et Messieurs,
Le monde dans lequel s’ouvre cette législature est un monde de ruptures.
Ruptures géopolitiques, avec un affaiblissement durable du multilatéralisme, une montée des rapports de force et des crises majeures, militaires et meurtrières. Ruptures économiques, marquées par la fragmentation des échanges, la raréfaction des ressources financières et la contraction de l’aide au développement.
Ruptures sociales et technologiques, où l’accélération numérique et l’intelligence artificielle redessinent en profondeur le travail, la production et les rapports entre les sociétés.
Dans ce contexte, les déséquilibres se creusent : une concentration extrême des richesses, moins de 1 % de la population mondiale détient près de 50 % du patrimoine mondial, des tensions alimentaires persistantes pour plus de 730 millions de personnes Page 9 sur 21

chaque jour et une instabilité accrue dans de nombreuses régions du monde.
Ces fractures ne sont pas abstraites. Elles ont des conséquences directes sur nos économies, nos sociétés et nos États.
Dans notre sous-région, ces tensions prennent une forme encore plus concrète. Les crises sécuritaires, politiques et économiques rappellent une vérité essentielle : la stabilité n’est jamais un héritage garanti.
Elle est une construction quotidienne, exigeante, qui repose sur la solidité des institutions, la responsabilité des dirigeants et la confiance des peuples.
C’est dans cet environnement incertain que la Côte d’Ivoire a fait, depuis 2011, et grâce à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, un choix clair : celui de la stabilité, de la réforme et de la projection dans le temps long.

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Stabilité politique, par la préservation de la paix civile. Stabilité économique, par la poursuite d’une croissance soutenue et d’investissements structurants.
Stabilité institutionnelle, par le fonctionnement régulier et crédible de ses institutions démocratiques.
Mais cette stabilité n’est ni un acquis, ni un privilège. Elle est une responsabilité. Elle appelle des lois justes, des choix budgétaires rigoureux et une action publique lisible, orientée vers l’avenir, porteuse de progrès et de résultats tangibles.
Dans ce monde instable, la solidité de nos institutions et la performance de leur action constituent notre première ligne de défense. Et le Parlement, au cœur de cette architecture, en est l’un des piliers essentiels.

Excellences, Mesdames et Messieurs, Honorables Députes, Chers collègues,

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En octobre 2025, le peuple ivoirien a fait un choix souverain en renouvelant avec ferveur sa confiance au Président de la République, SEM Alassane Ouattara. Ce choix portait une ambition assumée : celle d’accélérer la transformation de notre pays, dans la stabilité politique, la croissance économique et le progrès social.
En décembre, les élections législatives sont venues confirmer cette orientation, en donnant à l’Assemblée nationale une majorité large au RHDP, notre parti, pour accompagner la mise en œuvre du projet « Pour une Grande Côte d’Ivoire ».
C’est une vision structurante, c’est un choix historique avec un objectif central : faire de la Côte d’Ivoire un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
C’est le choix d’un pays qui veut transformer sa croissance en une prospérité toujours plus forte et partagée.

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Le choix d’un pays qui investit dans son capital humain, de l’école à l’université, pour préparer sa jeunesse aux métiers de demain.
Le choix d’un pays qui modernise son agriculture, s’industrialise, transforme localement ses ressources, développe son secteur privé et crée durablement de la valeur sur son sol, pour toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens.
C’est le choix d’un pays qui renforce son système de santé, modernise ses infrastructures, sécurise son approvisionnement énergétique et réduit les inégalités sociales et territoriales.
C’est le choix d’un pays qui connaît la valeur sans pareil de la paix et de la stabilité, qui investit dans sa défense pour sécuriser ses progrès, et dans le rassemblement des hommes et de leurs talents pour les accélérer.
L’Assemblée nationale aura, dans cette trajectoire, aux côtés du Gouvernement, une responsabilité déterminante.

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Car sans loi, il n’y a pas de transformation durable. Sans budget orienté vers l’avenir, il n’y a pas de progrès réel. Notre rôle est de traduire cette vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République en actes concrets, mesurables et utiles, afin de faire gagner la Côte d’Ivoire et d’améliorer durablement la vie des Ivoiriens.

Honorables Députés, Chers collègues,
Le temps de la Grande Côte d’Ivoire est venu et nous allons y travailler avec notre volonté la plus farouche. Et cette Grande Côte d’Ivoire va exiger de nous un Grand Parlement, c’est-à-dire un Parlement à la hauteur de l’histoire qui s’écrit.
Une Assemblée nationale plus forte par la qualité de son travail, l’audace de ses idées, la constance de ses méthodes et la clarté de ses responsabilités.

Une grande Assemblée nationale ne se proclame pas. Elle se construit.

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Elle se construit par la fluidité des échanges avec le Gouvernement, par la rigueur du travail législatif, par l’écoute des populations, par l’évaluation exigeante de l’action publique dans le respect des institutions et de la séparation des pouvoirs, et par une culture assumée et partagée du résultat.

L’évaluation parlementaire sera ce levier moderne de l’action publique, au service de son efficacité, au service de la vision du Chef de l’État : donner à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens une nation toujours plus prospère, solidaire et ambitieuse.

Honorables Députés, Chers collègues,
Cette volonté de servir la vision du Président de la République et d’atteindre nos objectifs de développement, nous impose, à toutes et tous, des valeurs cardinales et un rôle très clairement défini.

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Notre Assemblée devra être un facteur de stabilité institutionnelle, un espace de débat de qualité et un repère de prévisibilité dans l’action publique. Prévisible dans ses procédures, rigoureuse dans ses travaux, responsable dans ses décisions, soutenue dans son budget, ses moyens de fonctionnement et ceux de ses députés. L’Assemblée nationale ne décide jamais à la place du Gouvernement. Elle s’assure que chaque décision est prise pour le peuple, dans le respect de l’intérêt général et dans une harmonie constructive.
La séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif est toujours une complémentarité, une discipline collective à œuvrer au progrès et au bien-être de nos populations.
L’Assemblée nationale ne se contente pas d’observer le débat public : elle doit être le cœur battant de notre système démocratique, car sans délibération, il n’y a pas de loi ; sans loi, il n’y a pas de République. Ici ne se résume pas seulement une majorité ou une opposition ; ici se forge la loi qui fédère la Nation.

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C’est à ce prix que notre Parlement sera un pilier de confiance pour les citoyens, les partenaires et les investisseurs de notre pays.

Honorables Députés, Chers collègues,
Cette première session ordinaire de l’année 2026 s’ouvre avec vingt-quatre projets de loi inscrits à l’ordre du jour : six projets de loi ordinaires, treize projets de loi de ratification d’ordonnances, et cinq projets de loi d’autorisation de ratification de conventions internationales.
Ces textes portent notamment sur l’exercice de la médecine, la fiscalité, la protection sociale, les droits humains et l’intégration économique régionale.
Parmi eux figure le projet de loi relatif à la biologie médicale, destiné à adapter l’exercice de cette profession aux exigences de la réforme hospitalière.

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Nous aurons également à nous prononcer sur la ratification de l’ordonnance relative à la mise en œuvre du démantèlement tarifaire dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, étape décisive pour l’intégration économique de notre continent. Seront aussi examinés des textes majeurs relatifs à la protection sociale, à la conformité de notre droit maritime aux normes communautaires, ainsi qu’à la ratification du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relatif aux droits des personnes handicapées.
Ces lois, par leur portée stratégique, contribueront à renforcer le cadre juridique de notre développement et à répondre aux attentes légitimes de nos concitoyens.
Je vous invite à aborder ces travaux avec assiduité, rigueur et sens élevé de l’intérêt général, en formulant, chaque fois que nécessaire, des amendements constructifs, pour améliorer la qualité et l’impact de nos lois.

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Je m’emploierai, de la même manière, à être votre avocat et à défendre toutes les actions et mesures qui pourront contribuer à l’atteinte des grandes missions qui nous sont assignées.
Nous procéderons à la mise en place des organes de l’Assemblée nationale : le Bureau, les groupes parlementaires et les commissions permanentes. Leur fonctionnement harmonieux conditionnera l’efficacité de notre action collective. Enfin, nous œuvrerons au renforcement de la place de notre institution dans le champ de la coopération interparlementaire en garantissant nos acquis et en favorisant l’ouverture de nouveaux chapitres.

Monsieur le Vice-Président de la République, Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions, Chers collègues Députés,
Mesdames et Messieurs,

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En ouvrant cette première session ordinaire de l’année 2026, nous ouvrons une séquence de responsabilité, de maturité démocratique et de travail exigeant au service de la Nation.
Le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, a donné à notre pays une vision claire et une trajectoire lisible : bâtir une Grande Côte d’Ivoire, stable, solidaire et ambitieuse à l’horizon 2030.
Aux côtés du Gouvernement, l’Assemblée nationale a désormais la responsabilité de transformer cette vision en résultats incontestables, au bénéfice de chaque Ivoirienne et de chaque Ivoirien, grâce à un débat législatif de qualité, empreint de respect républicain, dans une quête constante du bien commun. Pour ma part, je réaffirme mon engagement à conduire les travaux de cette Assemblée avec impartialité, équité et exigence, dans l’écoute des convictions de chacun et dans une fidélité absolue à l’intérêt général.

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Ensemble, faisons de cette législature un pilier de stabilité démocratique, un moteur de transformation économique et sociale, et un levier décisif pour la réussite de la Côte d’Ivoire !
Vive l’Assemblée nationale ! Vive la République ! Et que Vive la Côte d’Ivoire ! Je vous remercie.